Réédition d’un grand livre sur Nietzsche

Alain Juranville, Physique de Nietzsche, éd. Les Contemporains Favoris, coll. bleue-essais, juin 2004.

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Les éditions Les Contemporains Favoris viennent d’avoir l’excellente idée de republier dans leur belle collection « bleue/essais » un ouvrage initialement paru en 1973, consacré à Nietzsche et à son œuvre, indubitablement un des livres de ces dernières décennies les plus approfondis et les plus puissants – et le terme n’est pas anodin lorsqu’on se souvient de l’importance qu’accordait Nietzsche à ce concept de puissance.

Ce livre qui prolifère d’intuitions et d’interprétations novatrices des principaux concepts Nietzschéens (éternel retour, ascétisme, décadence, transvaluation des valeurs, volonté de puissance,  etc.) est ardu. D’abord par le problème central qu’il pose (physique de Nietzsche), ensuite par le degré conceptuel des perspectives qu’il envisage (celle « physique » précisément opposée à celle « technique » et prisonnière de la métaphysique), enfin par le style d’écriture propre d’Alain Juranville, soutenu et précis jusqu’à une certaine préciosité qui nous permet de redécouvrir le sens de mots lointains, secrets et oubliés, qui apportent un éclairage novateur aux concepts : « s’emboire » (p. 24), « l’arroi conceptuel » (p. 32), la « pruine théologique » (p. 44), « forlignage » (p. 66) et « forligné » (p. 89), « les théases dionysiaques » (p. 125),  etc.

Penseur aussi subtil que prolixe, Nietzsche reste à ce jour un des philosophes les plus commentés et de ce fait malheureusement aussi l’un des plus pillés et dénaturés. Le livre d’Alain Juranville, initialement publié en 1973 chez Denoël, a l’immense mérite de rétablir une des perspectives les plus essentielles de l’œuvre nietzschéenne : son souci constant de mettre à jour le réel sans rien concéder aux illusions et aux superstitions que la métaphysique et la morale ont entretenues depuis Platon et sa version vulgarisée par le christianisme, mais aussi de dépasser l’interprétation si l’on peut dire heideggérienne de Nietzsche, qui veut cantonner son œuvre dans la mouvance de la doctrine de l’étant et de la métaphysique. Le regard d’Alain Juranville note avec une exceptionnelle acuité la manière dont Nietzsche, en fin psychologue, creuse inlassablement le sillon de son intuition plus qu’il ne déroule des hypothèses, et débusque, derrière l’histoire de la décadence, la nécessité du retour éternel, de la volonté de puissance et de l’art : « Avec Nietzsche c’était la première fois que la vie affirmative, artiste s’exprimait dans le monde de la philosophie.  » Critique de la philosophie comme mouvement nihiliste »… » (Introduction p. 35).

Ce livre placé en grande partie sous l’égide du Heidegger lecteur de Nietzsche et de Levinas – avec qui Alain Juranville eut à ce l’occasion de sa publication initiale plusieurs échanges – doit s’apprécier à l’aune d’une des plus célèbres « métaphores » philosophiques, celle de l’arbre. Mais non pas l’arbre comme métaphore de la philosophie (Descartes, Principes de la philosophie) même relu et discuté par Heidegger (Qu’est-ce que la Métaphysique), mais plutôt de « l’arbre comme métaphore de l’homme, et particulièrement du philosophe et, par lui, celle du corps comme volonté de puissance de la physis » (p, 166). Sol, racines, tronc, branches et sève comme déploiement vertical d’une puissance, celle là même de l’homme que la mise en exergue du livre d’Alain Juranville (p. 17) expose poétiquement : « L’arbre seul, dans la nature, pour une raison typifique, est vertical, comme l’homme » (Paul Claudel, Connaissance de l’Est, le Pin).

Le point de départ de l’œuvre nietzschéenne est la vision et la compréhension de la décadence et la capacité de discernement exceptionnelle de Nietzsche entre les forces déclinantes et celles ascendantes : « J’ai pour les symptômes d’une évolution ascendante ou d’une évolution descendante un flair plus subtil que n’importe qui. Dans ce domaine je suis par excellence un maître… J’ai de l’expérience dans toutes les questions qui touchent la décadence (Ecce Homo, §1, cité par Alain Juranvile p. 43).

Qu’est-ce donc que la décadence ? Ou plutôt « qui est la décadence ? » demande Alain Juranville. Réponse de Nietzsche-l’Antéchrist : la décadence c’est le christianisme. La décadence est donc identifiée. Encore faut-il saisir la causalité de fond qui relie le christianisme au déclin. Or deux périodes – ou si l’on veut deux personnalités de Nietzsche – s’affrontent en rendant compte de ce phénomène. La première, selon Alain Juranville, reste prisonnière du Christianisme lui-même. Elle consiste à dire que le Christianisme ne put fleurir que sur le terreau d’une dégénérescence déjà historiquement bien entamée, celle de l’Empire romain. Dès lors que les Césars romains et le mode d’être qu’ils impulsèrent à leur époque purent donner l’impression du vice, de la débauche incontrôlée, ils parurent médiocres voire faibles. Ils perdirent de leur réputation d’être supérieurs et d’exception : « quand des hommes simples commencent à douter qu’il y ait des hommes supérieurs le danger est grand » (p. 45). En somme, ce serait la corruption du monde antique et son défaut de moralité qui auraient entraîné l’effondrement du paganisme et l’ascension du christianisme. Il faut attendre la maturation de l’analyse nietzschéenne opérée notamment à partir de l’Antéchrist pour remettre en question cette première interprétation typologique et généalogique de la décadence. En effet, loin d’être à l’origine de la première inversion des valeurs effectuée par le christianisme, l’empire romain atteignait aux premiers siècles de notre ère à son apogée de raffinement et de profondeur culturelle. Il faut donc chercher ailleurs que dans sa soi-disant dégénérescence ou déclin de civilisation l’origine de la première inversion des valeurs et de la décadence. Conformément à La Généalogie de la morale, l’Antéchrist met en relief la responsabilité de la figure du prêtre, seul véritable cause efficiente de la décadence. Mais Nietzsche formule la responsabilité du prêtre non pas en tant qu’événement historique spécifique du soi-disant déclin de l’Empire romain, mais du prêtre en tant que « type », qui a toujours existé : « les maîtres, les conducteurs de l’humanité furent tous aussi des théologiens et tous aussi des décadents » (Ecce Homo, § 7, cité p. 47). Le prêtre en tant que type idéal est toujours – dans quelque civilisation que ce soit – déjà décadent. Tel qu’il apparut au sein du christianisme, il ne fut jamais qu’une des incarnations historiques extérieures les plus ingénieuses et menteuses, à même, durant l’Empire romain, de profiter de la décadence contextuelle et de « trouver dans la morale chrétienne un moyen pour parvenir à la puissance » (p. 47).

La décadence trouve sa caractérisation la plus constante dans une « folle surestimation de la conscience » (p. 56-57). Or la conscience d’une part est un phénomène limite, elle apparait là où survient « une réalité étrangère au corps » (ibid.), un obstacle. Dès lors Nietzsche démasque le décadent sous son vrai visage : il est celui pour qui tout décline vers la douleur, conduit à rencontrer des limites et à buter sur des obstacles. Alain Juranville insiste sur le fait que pas un de ces obstacles n’est surmonté, que pas une de ces douleurs n’est sublimée en plaisir et en horizon de bonheur (p. 57). La formule de la décadence est « affaiblissement de l’élan vital spontané et irréfléchi, nécessité de lutter contre les instincts ». Au contraire, la formule de la vie ascendante et de la grande santé c’est : « bonheur et instinct sont identiques » (ibid.).

Mais de la décadence qui constitua finalement le problème majeur de son œuvre, Nietzsche fit de son temps une expérience radicale et unique, celle du Nihilisme, qui « constitue la substance du cri qu’il lance a la fin d’Ainsi parlait Zarathoustra : ‘’ le désert croît ’’… » (p.64). A la question de savoir ce qu’est le nihilisme, deux ordres de réponses s’entremêlent. D’un côté le nihilisme est dans l’histoire, c’est un mouvement historiquement repérable, issu de la crise du rationalisme et d’une désillusion vis à vis du romantisme. Perte de repères de l’existence dotée de sens, désillusion quant à la vie. Certains mouvements littéraires et politiques issus de la Russie notamment attestent d’une perte complète de confiance envers un sens et une justification de la vie. Celle-ci ne vaudrait pas la peine d’être vécue. Étayée sur la mort de Dieu comme premier événement du nihilisme, une des formules Nietzschéennes les plus concise du nihilisme comme fait tient dans cette formulation en forme de chiasme : « Un nihiliste est un homme qui juge que le monde tel qu’il est ne devrait pas exister, et que le monde tel qu’il devrait être n’existe pas. Donc vivre n’a pas de sens » (Volonté de Puissance, Livre 3, § 6).

De même l’interrogation que mène Nietzsche sur la science le conduit à confirmer et approfondir sa parenté avec le nihilisme et la décadence. Pour Nietzsche écrit Alain Juranville, « l’âge de la science est aussi celui du nihilisme incomplet » (p. 78), ce nihilisme dans lequel « nous vivons en plein » (Volonté de Puissance, II; §7). C’est que Nietzsche s’était en effet attelé à étudier ce qu’est le savant et ce que peut la science. Est-elle à même d’introduire l’humanité dans une période de bonheur et de puissance? Ou au contraire n’est-elle pas plutôt « la manifestation qu’un nouvel âge de la décadence se prépare »? La seconde option semble la bonne parce qu’en effet « la science, comme l’idéal ascétique du prêtre, si elle est une force de conservation de la vie, ne cherche à conserver qu’une certaine forme de vie, la vie débile, décadente, soumise. » (p. 80).

La découverte majeure de Nietzsche selon laquelle la décadence est une nécessité trouve son écho social et politique dans la décadence comme nécessité : «on ne peut pas ne pas devenir une pièce dans la progression de la décadence » (p. 88). Nietzsche lance alors contre la vaine espérance de pouvoir s’impliquer dans la société contemporaine sans se colleter avec l’esclavage, ses anathèmes les plus radicaux. L’interprétation technique de l’homme et de son existence conduit la société contemporaine à se confondre avec l’État, dont Nietzsche entend bien se passer : « Aussi peu d’État que possible » (Volonté de puissance, III, § 260). En effet, la liberté nécessite de « se tenir écarté de toute activité sociale et politique » (p. 88). Toute participation à la vie de l’État, sous la forme d‘un engagement socio-politique porteur de convictions religieuses et morales, est signe d’une vie déclinante, d’une perte radicale d’énergie et d’intelligence. Cela est précisément le phénomène le plus nouveau, qui témoigne de l’accroissement inéluctable de la décadence. Nietzsche s’achemine progressivement vers une critique de toute interprétation technique du monde, qui non seulement rend possible la décadence, mais même l’appelle et la justifie. Ce qui ne cesse d’être présenté comme le progrès moderne – encore davantage de nos jours qu’en son temps – n’est en réalité que la forme la plus radicale de la marche vers toujours plus de décadence : « personne n’est libre d’être écrevisse (…) il faut aller de l’avant, je veux dire s’avancer pas à pas plus avant dans la décadence » (p. 89). En tant que fait historique, non seulement la décadence est, mais encore la décadence ne peut pas ne pas être puisqu’elle procède du corps, qu’elle répond a une exigence de la physis, qu’elle est une force de déclin physiologique, tournée contre la vie heureuse et contre laquelle les prétentions de la conscience luttent en vain.

Mais l’entrée dans la nouveauté et le secret de la philosophie de Nietzsche ne se résument pas à une déconstruction de la décadence, ils passent par une initiation et une formule : « Retour éternel ». Mot de passe de l’œuvre au long cours de Nietzsche, « de ces choses qui passent de bouche en bouche » (Par delà le Bien et le Mal, § 295 – le traducteur qu’utilise Juranville voulait-il transcrire « de bouche a oreilles »?), le retour éternel initie à l’étranger, à l’inquiétant  des mystères dionysiaques, pour la raison essentielle que « la philosophie de Dionysos et celle de l’éternel retour sont une et la même » (p. 92), L’aura-t-on bien compris? Nietzsche et Dionysos même philosophie a coup de marteau, même combat.

Question semblable que celle posée précédemment pour la décadence, et  correction identique d’Alain Juranville : non pas tant « qu’est-ce que » mais plutôt « qui » est l’éternel retour? Réponse de Nietzsche : l’Eternel retour c’est Dionysos, c’est le soi propre a chacun en effet hors de vue et de portée de la morale et de la religion, à mille lieux des exigences de la raison et de la conscience. Modernité de Nietzsche sur l’inconscient de la pensée, du langage et de l’action, sur les déclinaisons de la volonté de puissance en somme, qui annoncent tout a la fois Freud et Lacan, mais aussi l’inouï des événements majeurs de l’histoire contemporaine et à venir…

L’éternel retour comme pensée d’un Dieu, c’est le nihilisme incomplet mais affirmativement  dépassé et métamorphosé en « nihilisme achevé ». Selon le titre de l’aphorisme 58 du livre II du Gai Savoir, c’est la pensée d’un artiste puisque « on ne peut détruire qu’en tant que créateurs ». L’Éternel retour est la pensée affirmative d’un Dieu, sur laquelle reviendra admirablement Alain Juranville dans la  troisième partie de son livre intitulée «Physiologie de l’art ». Cela d’autant plus que « Toute philosophie est une exégèse du corps »… On a les pensées de son corps… (p.103-104). La conscience est un effet de surface du corps et Alain Juranville de relever (p. 104) une phrase incroyable de Nietzsche : « il n’y a pas du tout de causes intellectuelles » (issue du Crépuscule des idoles).

On ne peut passer sous silence un des prolongements majeur de la pensée nietzschéenne, la portée politique de son affirmation de la volonté de puissance qui souvent surprend et dérange comme faisant écho à un rejet de la démocratie. Comme l’écrit Alain Juranville, le retour éternel sert de « trébuchet infaillible de la valeur » (p. 110), mais pas d’une valeur morale, « rien que des valeurs naturalistes… naturaliser la morale » (ibid.). Comme prophète du retour éternel, Zarathoustra est juge, garant de la justice comme radicalement opposée à toute moderne égalité des droits, ce qu’un passage du § 57 de l’Antéchrist cité par Alain Juranville (p. 111) exprime sans ambiguïté : « L’injustice n’est jamais dans l’inégalité des droits, elle est dans la revendication de droits ’’ égaux’’ ». Qu’on le comprenne bien, Nietzsche-Zarathoustra comme garant de la justice conçue comme « différence hiérarchique » (p.112), comme capacité ou plutôt puissance d’incorporation à partir de sa propre intériorité de l’altérité et non pas comme adaptation à l’environnement extérieur. Par où se confirme une rupture en visière de Nietzsche à « toute la modernité, tous les instincts démocratiques et socialistes de ses contemporains – et des nôtres » (p. 113). C’est ainsi que l’instinct sexuel lui-même, une des affirmations les plus hautes de Dionysos « va dans le sens de l’individuation (…) est antisocial, et nie l’égalité et l’équivalence entre les hommes » (p. 127). Soutenue par la théorie du milieu – « théorie parisienne par excellence » et qui regroupe selon Juranville à la fois l’utilitarisme et la sociologie – la modernité, en réaction contre l’idéalisme et la métaphysique issue du christianisme, considère que l’homme n’a pas d’identité intérieure et de subjectivité initiale, mais que toute sa réalité n’est que « produite de l’extérieur » (p. 114). Dans le cas du christianisme, « le ressentiment s’est dissimulé » (ibid.), le responsable incriminé c’est la conscience faible et la mauvaise volonté incapables de l’intérieur d’exercer leur maîtrise sur l’extériorité du corps. Comme fauteur de troubles et des plus grands maux de l’humanité, le corps représente la part coupée et dédoublée de l’homme que sa raison et sa conscience voudraient – mais en vain – parvenir à maîtriser et à diriger, et sur lequel elles viennent finir par échouer lamentablement.

Mais en réalité, ces deux mouvements ne sont contradictoires qu’en apparence. Ils ne représentent en fait qu’une seule et même face de la philosophie du ressentiment, qu’un seul et même mouvement  « qui cherche des responsables » (ibid.). Même visage de Janus d’une seule et même réalité déclinante, celle de la faiblesse, de la haine « envers tout ce qui resplendit de force » (p. 119), tout ce qui ne se laisse pas incorporer. A l’opposé de la réactivité de toute la décadence qui avait abandonné l’interprétation dionysiaque et « physique » de l’homme pour céder le pas à la métaphysique et à la morale, sans oublier notre religion et notre philosophie (p. 128 et 129), vont se dresser d’une par l’instinct sexuel comme « somptueuse affirmation de soi » (p. 128) et l’art, comme tendance contraire à toutes les formes décadentes de l’humanité.

C’est la raison pour laquelle le dépassement de la philosophie et de l’être vers une philosophie du devenir et de la puissance s’accomplit à travers l’art et tout particulièrement la musique. Reprenant dans un premier temps, pour la critiquer, l’esthétique de Schopenhauer, Nietzsche considère la musique comme une intériorisation de l’expression de la puissance, de tout mouvement, « des danses, des jeux et métamorphoses incessantes… » (p. 130). La musique est « résidu de l’histrionisme dionysien », force de contention, en ce sens qu’en elle « le corps dionysien se replie sur soi, s’intériorise » (ibid.). En tant que telle, la musique creuse le lit du nihilisme et conduit au pessimisme, faisant pressentir le néant de cette existence et cultivant la nostalgie.

A l’inverse pour Nietzsche, l’intériorité de la musique est une intériorité pleine, « corps qui s’émeut et s’élève à sa plus haute puissance » (p. 131), à mille lieu de toute raison et de toute conscience. Alain Juranville cite un passage remarquable de Nietzsche (Volonté de puissance, IV, § 530) qui met en relief cette puissance d’expressivité subtile de la musique par comparaison avec le langage : « comparée à la musique, toute expression verbale a quelque chose d’indécent ; le verbe délaie et abêtit ; le verbe dépersonnalise ; le verbe banalise ce qui est rare ». Dans la musique au contraire « le corps s’affirme dans l’ivresse et la joie » (p. 132). Passage qui fait écho aux écrits de Bergson sur la singularité de l’artiste à même d’exprimer les choses dans leur unicité, au lieu de leur coller les étiquettes linguistiques banalisantes.

Nietzsche rencontre donc le problème de la musique dans la modernité nihiliste et pessimiste de la conception schopenhauerienne, représentée et mise en acte par son contemporain Wagner. C’est à partir de ce problème qu’il interroge l’art et se demande ce que peut et doit être un véritable artiste. L’art pour Nietzsche est une affirmation, un stimulant de la vie et par là constitue le meilleur contrepoison à la décadence. Or Nietzsche croise en son temps deux écueils majeurs sur lesquels vient buter sa conception d’un art dionysiaque : d’une part l’art comme mascarade et l’artiste comme « acteur »; d’autre part l’art comme pessimisme et décadence.

L’acteur fait barrage à une réalisation dionysienne de l’art par sa conscience hypertrophiée. Pour parvenir a se donner en spectacle aux autres, il doit se rendre a lui-même intéressant, « être le spectateur de lui-même » (p.133). En droite ligne de Diderot, Nietzsche voit bien que l’acteur « n’éprouve pas le sentiment qu’il exprime… » (ibid.) et qu’en lui triomphe la « technique », celle de la dissimulation, du mensonge le portant au maniement de trucs, de ficelles qui lui permettent de conquérir son public mais aussi de « s’en rendre esclave » (p. 134). Or l’acteur sert ici de paradigme a l’artiste, expert en cabotinage et qui met l’art au service de la décadence, dont l’incarnation contemporaine est Wagner ou « l’avènement du comédien dans la musique » (p.135). Au § 5 du Cas Wagner, Nietzsche replace Wagner à sa juste place, c’est-à-dire « hors de l’histoire de la musique » et dans l’histrionisme. Il montre par la que Wagner constitue « une calamité pour la musique (…) un moyen pour exciter les nerfs fatigués » (p.136). En un mot, Wagner est le chef de file de la décadence, il remplit a merveille le rôle du prêtre moderne, substitue le drame a la religion. Ce par quoi l’on voit une immense proximité de Nietzsche avec Marx ainsi qu’avec Freud, mais qui décline son analyse critique dans le champ esthétique plutôt que dans ceux psychologique, économique et social. L’art de Wagner pour Nietzsche est l’art d’un malade, qui participe et contamine ceux la mêmes à qui il s’adresse et qui s’en laissent étourdir. Loin de s’en mieux porter, ceux ci s’en trouvent encore d’avantage viciés et empoisonnés. Le drame Wagnérien est l’opium dont ils s’enivrent. L’art de Wagner tout entier est issu de la décadence, de la maladie, il est le fait dune « sensibilité irritée (…) d’un goût pour des épices plus fortes » (p.136). En un mot c’est l’art « d’un cabotin, d’un névrosé » (ibid.).

Parachevant la troisième et dernière partie de son livre, Alain Juranville interroge finalement le diagnostic décadent que pose Nietzsche à partir du drame Wagnérien. Étudiant le prolongement de l’art dans l’ivresse, il effectue une mise au point du processus par lequel l’art moderne s’égare dans une ivresse négative et décadente qui dévie de l’ivresse initiale qui était pleine affirmation dionysienne de la vie par l’art, notamment par la musique. L’ivresse fait écho à la force interne d’incorporation, à la volonté de puissance. Ce qu’il y a d’essentiel en elle, c’est une capacité d’incorporation de la force vitale quelle procure, permettant à l’artiste de forcer le monde et de lui livrer un assaut amoureux triomphant : « tout ce qui signale que la vie est ascendante a puissance d’ivresse : la sexualité, la convalescence, le printemps » (p. 147).

Concluant son ouvrage sur la mésinterprétation heideggérienne de Nietzsche, Alain Juranville rappelle en épilogue à son ouvrage que rien tant que la musique n’exprime définitivement l’affirmation de la vie, le dionysiaque, et que « passer a coté du sens que revêt pour Nietzsche la musique, c’était passer à coté de la philosophie de Dionysos, de l’éternel retour, du cœur de l’entreprise nietzschéenne… » (p.176).

Gilles Behnam
Août 2014

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De quoi y a-t-il des Formes ?

Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, EA373, Institut de Recherches Philosophiques (IREPH)  – CNRS – UPR76, Centre Jean Pépin – avec la participation de l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne et l’Université de Liège

Les lieux précis des séances seront indiqués ultérieurement, ainsi que les titres des communications.

Séminaire de la Société d’Etudes Platoniciennes (www.etudesplatoniciennes.eu)

Jeudi 23 janvier. Séance sous la direction d’A. Michalewski et de M.-A. Gavray : Plotin, Proclus, Simplicius. Université de Liège, 11h-12h et 13h30-16h30.

–          Alexandra Michalewski (Université de Liège)

–          Marc-Antoine Gavray (Université de Liège)

–          Peter d’Hoine (KU Leuven)

–          Alberto Kobec (KU Leuven)

Vendredi 28 février, 14h-17h30 : Platon. Université Paris Ouest.

–          Luca Pitteloud (Universidade de Brasília – Cátedra Unesco Archai).

–          Dimitri El Murr (Université Paris 1).

–          Gail Fine (Cornell University)

Samedi 15 mars. Séance sous la direction de L. Lavaud. Proclus et Simplicius. Université Paris 1, 9h30-12h30, Salle Cavaillès.

–          Carlos Steel (KU Leuven – De Wulf- Mansion Center).

‣          Philippe Soulier (EPHE).

Vendredi 18 avril. 14h-17h30. L’hypothèse des Formes et le néo- pythagorisme mathématique. CNRS-Villejuif.

–          Angela Ulacco (Albert Ludwigs Universität, Freiburg)

–          Jan Opsomer (KU Leuven)

Jeudi 22 mai.9h30-17h30, et vendredi 23 mai, 9h30-12h30. Atelier. Université Paris Ouest.

–          Atelier international de doctorants et jeunes chercheurs sur appel à communication sur le thème : « Les Formes ».

Vendredi 23 mai. 14h-17h30 : Autour du De Ideis : tradition académicienne et aristotélicienne. Université Paris Ouest.

–          Annick Jaulin (Université Paris 1)

–          Franco Trabattoni (Université de Milan).

Organisation : Luc Brisson, Marc-Antoine Gavray, Laurent Lavaud, Alexandra Michalewski et Olivier Renaut

Renseignements : Luc BRISSON (lbrisson@agalma.net) et Olivier RENAUT (olivier.renaut@u-paris10.fr

Séminaire «Empirisme» Deuxième année : la volonté

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – ANRSéminaire organisé par André Charrak et Laurent Jaffro

Programme 2013-2014 (sous réserve de modifications)

13 novembre
Laurent JAFFRO (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne),
« Volonté et pouvoir de l’esprit selon Reid »

11 décembre
Leonardo MÜLLER (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne & Universidade de
São Paulo),
« Adam Smith et la volonté »

15 janvier
André CHARRAK (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne),
« La volonté selon Condillac et Rousseau »

12 février
Sophie BERGONT (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « La volonté
selon Hume »

26 février
Julie WALSH (Université du Québec à Montréal),
« La nature des pouvoirs humains dans l’empirisme »

12 mars
Martine PECHARMAN (CNRS), « La volonté chez Hobbes »

9 avril
Claire ETCHEGARAY (université Paris Ouest Nanterre), titre à venir

21 mai
Paul RUSSELL (University of British Columbia),
« Hume, Bernard Williams and the ‘Morality System’ »

Ce séminaire bénéficie du soutien du programme « Anthropos » de l’ANR.
Les séances se tiennent le mercredi, de 18h30 à 20h30 au centre
Michelet, salle 101
3, rue Michelet, 75006 ; RER Port-Royal
Contacts : charrak@mac.com ; jaffro@univ-paris1.fr

« Gilbert Simondon et l’Invention du futur »

L’Atelier Simondon organise, du 5 au 15 août 2013, une Décade de Cerisy sur Gilbert Simondon et l’invention du futur
Argument
Récemment redécouverte, l’œuvre de Gilbert Simondon (1924-1989) inspire désormais de nombreux travaux novateurs en France (notamment à l’Atelier Simondon) et de par le monde. Une nouvelle génération de philosophes et de chercheurs en sciences humaines s’attelle non seulement à commenter cette pensée encyclopédique, mais aussi à la réactualiser en l’appliquant aux problématiques contemporaines. La philosophie de Simondon, qui balaie un spectre allant de la philosophie de la Nature à la philosophie des techniques, trace un trait d’union entre les enjeux scientifiques et technologiques actuels et les problématiques liées au devenir des sociétés humaines et de l’écosystème. Elle propose un système conceptuel ouvert – intégrant des notions telles que préindividualité, déphasage, transduction, modulation, milieu associé, métastabilité, transindividualité -, qui restaure les conditions d’un échange transdisciplinaire fructueux entre les sciences de la nature et les sciences humaines. Sur cette base, étant une pensée de l’invention, la philosophie de Simondon nous oriente résolument vers le futur et permet d’envisager une prospective avertie et audacieuse. En intégrant les réflexions du philosophe sur la nécessité de construire un temps « échelonné » pour appréhender l’avenir, sur la réflexivité technologique pour penser l’enseignement de la culture technique et les processus d’innovation, sur la constitution d’un véritable collectif pour concevoir la transformation sociale, cette décade sera également l’occasion de faire le point sur les apports de Simondon à la prospective contemporaine.

INTERSECTIONS

“Intersections” en résumé, c’est 59 philosophes, 161 pages, 84 photos, 74 documents d’archives, 35 vidéos et 1 frise chronologique 3D* !

Dans ce livre interactif, cinquante neuf auteurs dessinent un portrait de la philosophie contemporaine, dans ses croisements avec la politique, la littérature, l’éducation, les sciences ou l’art, et une histoire des événements qui, ces trente dernières années, ont contraint la pensée à s’exercer autrement. Ponctué d’archives sonores, Intersections fait dialoguer les philosophes d’aujourd’hui avec les interventions qui ont marqué trois décennies de recherches au Collège, et donne à entendre les voix de Jacques Derrida, Alain Badiou, Jacques Rancière, Corinne Enaudeau…

(* disponible uniquement sur iPad)
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sur iPad

Conditions requises : iPad version 2 minimum, iBooks 3.0 (ou une version ultérieure), iOS 5.1 (ou une version ultérieure). Disponible sur l’iBookstore.

30ème anniversaire du Collège International de philosophie

Les 5, 6, 7 et 13 juin 2013 de 10h à 17h30
Programme complet (autres journées et autres lieux) sur le site http://30ansciph.org/

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Le Collège international de philosophie fête ses trente ans. Dans cette institution hors-normes, réinventée au fil des générations de chercheurs, la philosophie dialogue avec les autres domaines et disciplines : se croisent enseignants, scientifiques, artistes français et internationaux, figures consacrées et jeunes chercheurs, animés par le souci de proposer au plus large public les développements les plus récents de la philosophie contemporaine. Vous retrouverez sur ce site les publications et les manifestations organisées en 2013, pour faire de cet anniversaire une fête de la pensée en mouvement.

Les 5, 6, 7 et 13 juin de 10h à 17h30
conférences – salle de conférences

Programme complet (autres journées et autres lieux) sur le site http://30ansciph.org/

Colloque — L’obsession d’une grande santé : enjeux médicaux et politiques d’aujourd’hui
Mercredi 5 juin 2013

Sous la responsabilité de Gilles Barroux

De quelles normes relève la santé ? De quelles valeurs ? Quelle actualité donner à une notion aux contours si difficiles à arrêter ? Dessinant un horizon incontournable pour tout projet de vie, la santé est aussi l’une des préoccupations et obsessions centrales de toute société, ce qu’atteste l’actualité la plus récente comme l’histoire la plus ancienne. Notre journée d’étude se propose d’aborder cette notion à travers plusieurs dimensions, parmi celles-ci : l’obsession d’une bonne santé durable à travers l’histoire des pratiques médicales et des philosophies prônant un régime de vie – l’obsession de la performance et du corps éternellement jeune, image d’une « nouvelle » vieillesse ? – la santé comme objet d’évaluation, de calcul et de spéculation.

Colloque organisé avec le Centre Georges Canguilhem (Université Paris 7) et le soutien du Palais de la découverte, un lieu Universcience.

10h : Ouverture des portes et présentation de la journée

10h15 : Joël Coste (Université Paris Descartes, EPHE) : Du contrôle de
l’environnement à la gestion du fardeau des maladies chroniques : les défis accumulés de la santé publique
11h : — Discussion

11h15 : Isabelle Vacarie (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) :
La santé comme objet d’évaluation et de calcul
12h : — Discussion

13h30 : Marie Gaille (CNRS) : Une société à l’avenir bien portante. Choix individuels, choix politiques en matière procréatrice
14h15 : – Discussion

14h30 : Dominique Boury (Université catholique de Lille) :
Les enjeux éthiques d’une pédagogie de la guérison
15h15 : — Discussion et pause

15h45 : Gilles Barroux (CIPh) :
La santé : entre silence médical et parole philosophique
16h30 : — Discussion

16h45-17h : Conclusion et clôture de la journée

Colloque d’étude — Popularités de la déconstruction
Jeudi 6 juin 2013

Sous la responsabilité de Laura Odello

Si la déconstruction est « ce qui arrive », comme Derrida n’a cessé de le répéter, elle ne peut pas négliger la portée croissante de la popular culture dans l’espace de la démocratie de masse. Popularités de la déconstruction : le titre de cette journée – qui s’inscrit dans la programmation des « Trente ans du Collège » – voudrait donc donner le coup d’envoi d’une réflexion autour des figures populaires que la                     déconstruction a élaborées, évoquées, mais aussi évitées.

Colloque d’étude organisé avec le soutien du Palais de la découverte, un lieu Universcience et en collaboration avec l’équipe Histoire des arts et des représentations-Philosophie (HARP) de l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense.

10h : Ouverture des portes

10h30 : Laura Odello (CIPh) : La déconstruction, ça se voit

11h05 : Arafat Sadallah (Siwa) : Le calcul du désir. Regards, politique et popularité dans les réseaux sociaux

11h40 : Peter Szendy (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : L’image de la déconstruction
12h15 : — Débat et pause

14h10 : Simone Regazzoni (Université de Pavie) : War Games. La déconstruction à l’époque de la pop culture

14h45 : Thomas Dutoit (Lille 3) : Mimesis incarcérée : la prison, lieu et représentation de la pop culture ?

15h20 : Avital Ronell (New York University) : Sous réserve.

15h55 : Alexander Garcia Düttmann (Goldsmiths, University of London) : Ça prend ça marche

16h30-17h : Débat et clôture de la journée

Colloque d’étude — Fernand Deligny : errance et consistance d’une pensée
Vendredi 7 juin 2013

Sous la responsabilité d’Anne Sauvagnargues et Pascal Sévérac

Qui était Fernand Deligny (1913-1996) ? D’abord instituteur spécialisé, il anime après la guerre « La Grande Cordée », association présidée par Henri Wallon et qui a pour vocation l’accueil d’enfants dits inadaptés, délinquants ou caractériels. À partir de la fin des années soixante, et jusqu’à sa mort, il s’occupera d’enfants autistes, près de Monoblet dans les Cévennes, dans son « radeau » comme il disait. La publication nouvelle, à l’initiative de Sandra Alvarez de Toledo, de ses écrits aux éditions l’Arachnéen (Fernand Deligny. Œuvres, 2007 ; L’Arachnéen et autres textes, 2008), montre que la pensée de Deligny ne cesse de féconder notre temps – depuis la philosophie de Deleuze et Guattari jusqu’aux pratiques éducatives et artistiques d’aujourd’hui. Notons que sont prévues, pour juin 2013, la sortie aux éditions L’Arachnéen d’un nouvel ouvrage autour de Deligny, avec la reprise de plus de 200 « lignes d’erre » (cartes des trajets des personnes autistes) ; ainsi qu’une exposition de ces cartes à l’IMEC.

Colloque organisé en collaboration avec l’HARp, EA 44 14 (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) et le LIS (Lettres, Idées, Savoirs – EA 4395 – UPEC) et avec le soutien du Palais de la découverte, un lieu Universcience.

10h : Ouverture des portes, accueil et présentation de la journée Pascal Sévérac (CIPh, maître de conférences à l’Université Paris-Est Créteil)

10h30 : Bertrand Ogilvie (psychanalyste, enseignant à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

11h15 : Anne Querrien (sociologue et urbaniste) : Des tracés qui fabriquent du commun

12h : Igor Krtolica (doctorant à l’ENS de Lyon) : Deligny, sur les traces de l’origine de l’art

14h15 : Anne Sauvagnargues (professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

15h : Joël Kerouanton (écrivain et éducateur spécialisé) : L’étai Deligny – une pensée de la fabrique (qui me suit partout)

16h : Sandra Alvarez de Toledo (responsable des éditions L’Arachnéen) : Cartes et lignes d’erre : tracer pour rien, pour voir…

Colloque — La salle des machines – Machines et société
Jeudi 13 juin 2013

Sous la responsabilité de Frédéric Vengeon

La machine ne se réduit pas à une réalité technique car elle ne peut être totalement séparée des causes et des effets de son fonctionnement. Si nous acceptons d’appeler « machine » toute institution d’un montage d’automatismes artificiels alors nous nous donnons un objet d’étude suffisamment précis et polymorphe pour intégrer les différents usages de nos machines. Les sociétés humaines intègrent des machines dans leur fonctionnement économique, administratif, communicationnel, perceptif… Pourtant, elles ne se prêtent qu’à des théorisations partielles. La machine est en effet un objet fondamentalement hybride ; elle cristallise différentes dimensions qui ne correspondent pas à un champ de réalité uniforme.

Quel usage social faisons-nous de nos machines ? Comment nous servent-elles à concevoir le fonctionnement de nos collectifs ? Quels effets (de savoir, d’ignorance, de pouvoir) ces représentations ont-elles sur nos devenirs ? De quels principes les machines sont-elles le masque ?

Colloque organisé avec le soutien du Palais de la découverte, un lieu Universcience.

10h : Ouverture des portes

10h15 : Eric Guichard (ENSSIB, CIPh) : Ces machines qui fabriquent la culture

11h : Marc Lenglet (European Business School) : Ontologie des marchés, objets financiers et saturation. Quelques remarques en vue d’une approche philosophique des machines financières

12h : Jean-Hugues Barthélémy (MSH Paris Nord, enseignant de lycée) : Raisons et enjeux de la machine comme « individu technique » chez Simondon

14h30 : Henri Dubois (Maître de conférences en géographie à Paris Ouest Nanterre La Défense) : La salle des cartes au cœur de la guerre,
techniques et politiques cartographiques des Cassini à Google
Earth

15h15 : Nadia Barrientos (doctorante en histoire de l’art) : Mécaniques des merveilles : la technique au service de l’incroyable. Escamotages et illusions de l’Antiquité au xixe siècle

16h15 : Frédéric Vengeon (CIPh, enseignant de lycée) : Habiter la machine. De l’objet au milieu technique

Palais de la découverte – Avenue Franklin Delano Roosevelt – 75008 Paris – Tél : 33 (0)1 56 43 20 20

Scepticisme et pensée morale de Montaigne à Cavell

Les 31 mai et 1er juin 2013

 Colloque international organisé par Jean-Charles Darmon (UVSQ-IUF, dir. du CRRLPM), Philippe Desan (Université de Chicago) et Gianni Paganini (Université du Piémont oriental, Accademia dei Lincei, Rome) en collaboration avec l’équipe « Etats, Société, Religion » de l’UVSQ,  Frédéric Worms et le CIEPFC de l’ENS,   l’UMR CELLF (Paris-Sorbonne, CNRS)

 Colloque soutenu par le Laboratoire d’excellence TransferS, l’Institut Universitaire de France, the University of Chicago Center in Paris, the France Chicago Center

 Vendredi 31 mai (Ecole normale supérieure, salle des Actes)

9h 30 Ouverture du Colloque Guillaume Bonnet (directeur adjoint de l’ENS), Frédéric Worms (Lille-ENS, directeur du CIRPHLES), Jean-Charles Darmon (UVSQ-IUF, responsable du CRRLPM), Philippe Desan (Chicago) et Gianni Paganini (Accademia dei Lincei, Rome)

 Matinée  Président de séance : Philippe Desan (Chicago)

9h 45 Sylvia Giocanti (Toulouse-Le Mirail) : « Scepticisme et immoralisme : la croyance en question »

10h 30 Denis Kambouchner (Paris I) :  « Descartes et  la question de l’examen»

Pause

11h 30 Jean-Charles Darmon (Versailles-IUF, directeur du CRRLPM USR 3308) : « Pouvoir des Fables et  ‘douteuse éthique’: de Jean de La Fontaine à Samuel Sorbière (et retour) »

Après-midi Président de séance : Gianni Paganini (Accademia dei Lincei, Rome)

14h 30 John Christian Laursen (Riverside, California) :  « Pierre Bayle : from Emotional Rationalism to Skeptical Resignation »

15h 15 Anne Staquet (Mons) : « De la diversité des passions et de la relativité des valeurs : éléments de comparaison entre les morales de Hobbes et Hume »

16 h Pause

16h 15 Christophe Litwin (New York University) : « Scepticisme et sens commun chez Hume »

17 h Francine Markovits (Paris Ouest) : « Diderot : la promenade comme lieu sceptique »

Samedi 1er juin (ENS, salle Dussane)

Matinée  

9h 45  Allocution de  Frédéric Worms, directeur du CIRPHLES (CNRS-ENS)

président de séance : Frédéric Worms

10h Emiliano Ferrari (Ciph, Lyon 3-IRPHiL) : «  A ship in these billows we inhabit : Emerson, Montaigne et le scepticisme sage »

10h 45 Matteo D’Alfonso (Ferrare) : « La fonction du scepticisme dans la destination de l’homme selon Fichte »

 11h Pause

11h 15 Arnaud François (Toulouse Le Mirail, CIEPFC, USR 3308) : « Scepticisme et pessimisme : le cas Schopenhauer »

 Après-midi

Président de séance : Jean-Charles Darmon

14h 30  Nicola Panichi (Urbino) : « Doute sceptique et morale chez Montaigne et Nietzsche »

15h 15 Guillaume Métayer (CELLF CNRS-Paris Sorbonne) : « ‘Si l’on doute, il faut se taire’ : Anatole France sceptique ? »

16h Pause

16h 15 Michel Jarrety (Paris Sorbonne, Paris IV) : « Cioran : un étrange scepticisme »

17h Sandra Laugier (Paris I-IUF) :  « Versions contemporaines du scepticisme : Cavell, de la tragédie à la comédie du remariage »

Conclusions