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Philosophie

Colloque “Enseigner la philosophie – Faire de la philosophie”

Enseigner la philosophie - faire de la philosophie

Couverture du programme

Ce mardi 24 mars et ce mercredi 25 mars s’est tenu à Paris un colloque important que d’aucuns considèrent comme cher à Xavier Darcos, actuel ministre de l’Éducation Nationale.  Celui-ci n’avait cependant pu venir en personne ouvrir les travaux  du colloque, étant par ailleurs à Vincennes où il inaugurait au collège  Françoise-Giroud aux côtés du maire de Vincennes Laurent Lafon le jeu ChercheNet, outil pédagogique destiné aux collégiens de 6e et de 5e et dédié au thème de l’écologie et du développement durable.

Ce colloque était organisé par le doyen de l’Inspection de philosophie Jean-Louis Poirier, flanqué d’un comité scientifique solide de plusieurs professeurs des universités et du secondaire, de chercheurs et d’inspecteurs d’académie et IPR, épaulés par des noms prestigieux de la philosophie française vivante (Pascal Engel, Alain de Libera, Pierre Manent, Jean-Luc Marion entre autres).

La première journée s’est tenue dans l’amphithéâtre de la Sorbonne, et a été idonc été ouverte par Patrick Gérard, recteur de l’Académie de Paris. Après avoir évoqué la solennité du lieu prestigieux où commençait ce colloque, rappelant que cet hémicycle se partageait entre les sciences et les lettres, sous le regard de pierre de Robert de Sorbon et de Richelieu, de Lavoisier  et de Rollin, de Descartes et de Pascal, le recteur souhaitait à l’ensemble des professeurs et chercheurs ainsi réunis d’enrichissantes heures de débats et de réflexions.

Cette journée s’est divisée en deux parties: la matinée fut consacrée à trois interventions successivement sur la Conscience, les Universaux et la Démonstration (cf. les trois plaquettes de présentation ci-dessous).

Jean-Luc Marion commençait par exposer les principes phénoménologiques d’une conscience qui ne peut être consicence d’elle même mais seulement de quelque chose. Alain de Libera replaçait in vivo et in extensa les problématiques conceptualistes, réalistes et nminalistes qui avaient présidé depuis Porphyre, disiciple de Plotin, puis Abélard, Duns Scot, Ockham… aux débats sur les catégories d’universel et de singuler. Pascal Engeldéployait les arcanes du raisonnement logique et ses “accrocs”, en s’arrêtant particulièrement sur le trilemme d’Agrippa.

L’après-midi vit se succéder deux communications de fond sur la Communauté et Société,  Pierre manent resituant les principes et les enjeux du débat entre ces deux notions supposées complémentaires mais à bien des égards en difficile mbrication. Bertrand de Saint Sernin réinvestissait positivement l’épistémologie pour redéfinir les règles d’un commun accord entre les perspectives, les objectifs et peut-être même les méthodes des sciences et de laphilosophie. Ces exposés furent ponctués d’un échange avec le public suivi d’une table ronde (au demeurant comme souvent dans les colloques rectangulaire).

La deuxième journée qui s’est déroulée à la Cité Universitaire fut pareillement scindée en une matinée d’ateliers animés par divers intervenants enseignants, chercheurs universitaires et/ou inspecteurs. Personnellement j’ai suivi celui animé par Caela Gillespie sur la classe au sein de la cité. C’était une présentation dense, approfondie sur les corps d’élèves qui ne se trouveent plus imputés par la structure laïque et républicaine des savoirs et des règles de la connaissance, et de l’expression, qui se trouvent notamment désinvestis par le langage conceptuellement articulé, et trouvent des modes d’inspiration en prise directe avec les choses ou leurs représentations imagées, et des modes d’expression pré-conceptuels et immédiats qui clivent fortement par rapport aux exigences de  l’intégration socio-culturelle par l’instruction.  La présentation de Caela Gillepsie avait notamment le mérite de proposer un diagnostic clair de la situation, sans pour autant s’avancer à proposer de solutions arrêtées (qui restent certainement à élaborer collectivement), deux choses qui n’auront pas manqué de susciter de vives réactions . Ainsi peut-on espérer – ce serait en tous les cas mon vœu – que la première édition de ce colloque puisse donner l’occasion à un tel atelier de voir ses travaux prolongé et approfondis prochainement. L’après midi s’est clôturée par une table ronde (aussi rectangulaire que la première). Mais après avoir bu les savantes paroles le plus souvent latines d’Alain de Libera, que nous importaient les tables réelles de ce colloque, nous n’étions  plus attentifs qu’aux idées  – y-compris celles de ces deux tables qui en filigrane inscrivaient la double exigence universelle des deux activités consubstantielles que sont “enseigner” et “faire de” la philosophie.

Le doyen J-L Poirier – pour clore comme il se devait philosophiquement ce colloque  – se souvenait à la fois de Spinoza et de Husserl pour nous rappeler  que ces deux voies constituaient pour nous autres, professeurs de philosophie, notre liberté bien normée et notre bien commun partagé.

Les actes de ce colloque seront m’a t-on certifié rapidement mis en ligne. Je ne manquerai pas de le signaler dans un prochain post et fournirai bien sûr le lien permettant d’y accéder. De très riches heures se sont déroulées qui ont donné lieu à des échanges fructueux, attestant qu’à l’orée du XXIe siècle, la philosophie telle que la France l’a faite et enseignée depuis de nombreux siècles se porte bien, qu’elle est plus que jamais vivante et que ses plus beaux jours sont encore devant elle. Il ne tient qu’à nous toutes et tous.

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éditeur: DGESCO – Conception graphique: Delcom – Impression: MEN

mars 25, 2009 - Posté par gillesbehnam | Colloques, Contemporains, Culture, Éducation et enseignement | , , , , , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

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